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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 16:41
Fig. 7 : Armoiries de la famille Journu (photo Francis Lambert). Fig. 8 : Tableau généalogique de la famille Journu (détail), © J. de Cauna.Fig. 7 : Armoiries de la famille Journu (photo Francis Lambert). Fig. 8 : Tableau généalogique de la famille Journu (détail), © J. de Cauna.

Fig. 7 : Armoiries de la famille Journu (photo Francis Lambert). Fig. 8 : Tableau généalogique de la famille Journu (détail), © J. de Cauna.

 Fig. 9 : Monogramme de la porte latérale de la tour, © J. de Cauna. Fig. 10 : Hôtel Journu, 55 cours Clémenceau, anciennement cour de Tourny, © J. de Cauna. Fig. 9 : Monogramme de la porte latérale de la tour, © J. de Cauna. Fig. 10 : Hôtel Journu, 55 cours Clémenceau, anciennement cour de Tourny, © J. de Cauna.

Fig. 9 : Monogramme de la porte latérale de la tour, © J. de Cauna. Fig. 10 : Hôtel Journu, 55 cours Clémenceau, anciennement cour de Tourny, © J. de Cauna.

Devenu en 1790 l'Hôtel du Département (présidé par L. Journu), il fut mis en vente comme propriété nationale le 27 octobre 1791, après le déménagement de l'administration de la Gironde à l'ancien archevêché, l'actuel Hôtel de Ville. Les sieurs Péreire, Raphaël, Dupuch, Boué-Maurosin et Lindo s'en portèrent acquéreurs pour la somme de 560 000 livres. Ils vendirent ensuite à M. Dussaut qui vendit à M. de Clouet, le fondateur de Cienfuegos, à son arrivée à Bordeaux en 1814. Après le décès en duel en 1822 de son fils Luis-Juan que l'on rapporta mourant à l'hôtel où il expira sur une table, sa mère ne voulut plus habiter la demeure qui fut revendue à M. Dubois d'Izon qui la revendit à M. Lefebvre, propriétaire en 1866 dont le gendre était M. Chaumet, médecin (celui-là même qui donna son nouveau nom à la rue du Jardin avant 1877)1.

Il passa ensuite à la famille Journu qui était entrée également en possession du comté de Benauges. Les armes de la famille diversement déclinées figurent sur des vitraux à l'intérieur du domicile dont certains laissent apparaître le blason à l'extérieur, au-dessus de deux portes fenêtres de la tour et de la galerie : D'azur à une aigle de carnation posée sur un nuage fixant à dextre un soleil d'or accompagnée à senestre et en chef d'une étoile d'argent, couronné d'un tortil de baron [Fig.7]. Ces armes étaient apparues avec Bonaventure Journu, né à Bordeaux (1717-1781), consul puis juge de la Bourse, marié à Claire Boyer-Fonfrède, qui confèrera la noblesse à ses descendants par une charge de Secrétaire du Roi. L'un de ses fils sera comte de Tustal, marié à une riche créole de Saint-Domingue Geneviève Auber, et l'autre, baron de Saint-Magne et grand-père de Marie-Fanny de Journu qui épousera Alexandre de Clouet de Piettre, fils du fondateur de Cienfuegos [Fig.8]. Leur fils, Bernard-Auguste, comte de Clouet, né le 27 juin 1841 à Bordeaux, 68 cours de Tourny, épousera le 28 avril 1885 sans postérité Nicolasa Virginie Eugéne Le Quellec, tante d'Yvonne Le Quellec qui, à la génération suivante, épousera en 1904 Auguste Journu à qui l'on doit les principaux aménagements intérieurs (les vitraux armoriés notamment) de la maison dont il entra en possession par achat de son épouse à la famille Felletin le 13 juillet 1905 en réemploi de ses biens dotaux2. Au-dessus de la porte latérale de la tour figure un monogramme aux deux « L » affrontés enlacés qui n'est autre que celui de Louis XIV [Fig. 9].

A la troisième génération, la mention de domicile bordelais des petits-enfants du fondateur portée sur les passeports est au n° 55 du cours Tourny, l'actuel cours Clémenceau, dans le grand hôtel à cour circulaire qui appartenait également à la famille Journu par achat de Bernard-Auguste Journu, baron de Saint-Magne, père de Fanny, à la famille Desfourniel [Fig.10]. On trouve cette adresse ainsi indiquée sur les passeports de Jean-Laurent-Ferdinand, âgé de 36 ans, « 1m70 », cheveux et yeux « châtains », teint « coloré », pour la Belgique, l'Allemagne et la Prusse en 1866 ; d'Auguste, 30 ans, « 1m68 », cheveux, yeux et teint « châtains », pour la Prusse, la Hollande et la Belgique en 1861 ; et de Ferdinand, 19 ans, « 1m70 », cheveux et yeux « châtains », teint « brun », pour Wiesbaden au duché de Nassau en 1859. C'est cette adresse également qui figure sur l'acte de naissance de Jean-Paul-Louis en 1856. Cet hôtel Journu, le plus remarquable du cours, avait été édifié par François Lhote et était orné de belles boiseries du XVIIIe siècle qui ont été vendues en 19283. En juillet 1874, la famille s'installa au 17 rue Vauban appartenant à l'oncle Théodore Journu.

1 Communication aimable de Mme Claudine Demptos-Jounu que je remercie bien sincèrement.

2 Ibid. Etude de Me Boirar, réf. hypo. 26 juillet 1905, vol. 179, N°7.

3 L. Desgraves, op.cit., p. 305. Le grand hôtel Journu, le mieux connu, est au n° 3 du cours du Chapeau-Rouge, dans le prolongement de l'hôtel Boyer-Fonfrède.

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