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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 13:32
Nouvelle publication. Collaboration

Le dictionnaire Les Amériques, Tome I – Du Précolombien à 1830, chez Robert Laffont, septembre 2016, sous la direction du professeur Michel Bertrand, directeur de la Casa de Velazquez, de Jean-Michel Blanquer et Antoine Coppolani. Articles de Jacques de Cauna : "Antilles françaises / Petites Antilles", p. 118-120 ; "Créole, créolisme, créolisation, créolité" (avec Nathalie Dessens et Bernard Lavallé), p. 277-282 ; "Révolution haïtienne", p. 811-816 ; "Saint-Domingue, ou Haïti", p. 836-838.

 
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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 16:23
Le groupe sur les Allées Marines de Tartas : J. de Cauna, C. Lacrouts, J.-P. Casse...

Le groupe sur les Allées Marines de Tartas : J. de Cauna, C. Lacrouts, J.-P. Casse...

A la demande de nos amis du CGSO présidé par Joël Bibonne, nous leur avons proposé pour leur projet de sortie d'été dans les Landes un circuit chalossais, de Tartas à Poyanne en passant par Souprosse, Cauna, Mugron et Boucosse sur les traces des familles de Cauna, d'Antin, de Baylens. 

En raison des perturbations de circulation dues au marché, le bus arrivant de Bordeaux a été accueilli au carrefour de la route du Marensin avant d'être guidé vers l'entrée des Allées Marines où le point de départ de la visite de la ville était fixé à la « cale », emplacement de l'ancien port sur la Midouze. La situation de l'ancienne ville murée dans sa vicomté d'une douzaine de paroisses, sa partition en ville-basse, commerçante et bourgeoise, et ville-haute, seigneuriale et aristocratique avec son château, ses églises de Saint-Martin et de Saint-Jacques, ses maisons de notables, reliées par le pont sur la rivière (autrefois en bois, prenant entre l'actuel marché couvert et la maison Sanguinet ou Petit Château), sa riche histoire enfin, furent présentées par le coprésident du CGL Jacques de Cauna : depuis ses premiers vicomtes le mythique Rex Tortus puis les Raymond-Robert et l'absorption de la vicomté de Dax par le mariage d'Assalide, l'arrivée des Albret, leur jeu politique entre les rois-ducs de l'Aquitaine Plantagenêt et et les rois français jusqu'à la reddition finale, au terme d'un étrange accord chevaleresque préservant les vies humaine, lors de la fameuse Jornada de Tartas du 23 juin 1442, veille de la Saint-Jean, où le gouverneur pour le roi d'Angleterre, le voisin gascon Louis de Marsan de Cauna remit la les clés de la ville à Charles VII en personne, jurant d'être désormais français lui et toute sa famille et postérité, parents et amis, marquant ainsi la fin d'une période anglaise de trois siècles dans le pays.

Puis les périodes troublées de la place de sûreté huguenote durant les guerres de religion qui virent le capitaine Saint-André se signaler, entre autres, par la destruction des registres paroissiaux. Puis, la Fronde des Princes où à nouveau Tartas devint place forte des ennemis de l’État (du Roi) par la présence d'une forte garnison du capitaine de Bohême Balthazar de Gacheo qui, sur son cheval Demi-Diable sema la terreur alentour, jusqu'à Cauna et Saint-Justin, avec ses cavaliers. Et par conséquent à la paix, la destruction, par ordre royal, des murailles, qui paracheva celle, antérieure du château. Puis, rapidement, la décadence de la ville, précipitée par la Révolution et ses dénonciations de notables sous la Terreur.

Avançant par la rue Duprat vers la rue du chanoine Bordes, un descendant du baron Louis de Cauna, fondateur des Jeunesses Agricoles Chrétiennes et héros de la Résistance assassiné en déportation, la compagnie se dirigea vers la maison dite de Jeanne d'Albret qu'il serait plus juste, comme nous l'expliqua le coprésident Christian Lacrouts, de nommer « maison du Sénéchal ». C'est dans cette belle maison du début du XVIIe siècle, remaniée en partie au XIXe, que logeaient en effet les lieutenants généraux des anciens rois de Navarre pour la sénéchaussée d'Albret qui regroupait avec ce pays les vicomtés de Dax et de Tartas. Il leur suffisait de traverser la rue pour siéger dans au tribunal en face afin de juger les nombreux procès ou de décider des affaires du pays.

Après un apéritif au floc d'Armagnac offert par le CGSO et un repas de fête au Café des Arts sur les Allées Marines, le bus nous amena sur la route suivie par le roi Charles VII, le Dauphin, futur Louis XI et les gands capitaines parmi lesquels se distinguaient le fameux Valet de cœur Etienne de Vignoles Lahire et son neveu Estebenot de Talauresse lorsqu'ils se rendirent près de six siècles plus tôt au château de Cauna pour y dîner et dormir avant d'aller assiéger Saint-Sever.

Au passage de Souprosse, face à l'église, nous pûmes voir l'antique maison des abbés de Saint-Sever, construite sur un camp romain et aujourd'hui bien délabrée malheureusement, dans laquelle mourut en 1438 l'abbé Jean de Cauna, restaurateur de l'abbaye de Saint-Sever après son pillage et son incendie et constructeur de l'église de Nerbis. L'ancien camp romain de Souprosse fut vraisemblablement celui de la grande et ultime bataille de Crassus, après celle de l'oppidum de Sos, contre nos aïeux gascons renforcés par leurs cousins navarrais d'outre-mont qui avaient traversé l'Adour au guet de Cauna où avait été établi sans doute leur propre camp. « Petit village, grande histoire », car le bourg aujourd'hui insignifiant malgré une légère augmentation de la population ces dernières années de moins de deux cents à plus de cinq cents habitants, ne se signale guère que par le haut donjon de son château (pourtant réduit du tiers après la Fronde) et son église paroissiale, autrefois chapelle seigneuriale, qui recèle une pièce patrimoniale d'exception sous son porche où, en levant les yeux, on peut voir très nettement les armes sculptées en relief dans la pierre des anciens seigneurs barons de Marsan de Cauna, le fameux lozangé d'or et de gueules, qui figurait également avant la révolution au-dessus de la porte de l'église des Jacobins de Saint-Sever avec, gravée dans la pierre, l'inscription latine Cauna fundator.

C'est le même personnage historique, également bâtisseur du donjon de briques et château en pierre (soubassements, escalier double subsistant, douves apparentes, dépendances en carré…) aujourd'hui remplacé par deux corps de logis disparates, qui a ainsi laissé sa trace dans les années 1320 : Arnaud de Marsan, quatrième du nom, fils d'autre Arnaud, seigneur de Cauna, Mauco, Lagastet, Mugron, Poyaler, Labouheyre, bayle de Labenne, Gosse, Seignanx, prévôt de Born, qui avait épousé sa cousine Esclarmonde de Caupenne. Le roi-duc le remercia pour avoir fidèlement combattu les rebelles en Guyenne et le remboursa de ses frais de guerre en Ecosse. Son fils Arnaud, plus tard qualifié de baron de Cauna et de sénéchal de Marsan, pilla Souprosse qui s'était révoltée à la suite des abbés de Saint-Sever et se distingua particulièrement dans le contingent gascon qui captura le roi Jean le Bon à Poitiers en 1356, mais après avoir accompagné le prince Noir dans sa sanglante chevauchée vers Toulouse, il perdit son château et ses terres, confisqués par son cousin Gaston Fébus de Béarn à la suite de la déroute des chevaliers gascons – anglais et français réunis – écrasés par les archers du pays de Foix lors de la bataille de Launac en 1362. Son fils Robert ne retrouva ses biens qu'après être rentré en faveur auprès de Fébus et avoir épousé la demoiselle béarnaise d'Espalungue…

(la suite dans le prochain Bulletin du Centre Généalogique des Landes n° 119-120)

La maison noble de Sanguinet, autrefois le Petit Château à l'emprise de l'ancien pont de bois sur la Midouze. Les armes losangées d'or et de gueules d'Arnaud de Marsan de Cauna sous le porche de l'église paroissiale de Cauna. Le château des d'Antin, Chantilly, à Mugron (vue arrière)
La maison noble de Sanguinet, autrefois le Petit Château à l'emprise de l'ancien pont de bois sur la Midouze. Les armes losangées d'or et de gueules d'Arnaud de Marsan de Cauna sous le porche de l'église paroissiale de Cauna. Le château des d'Antin, Chantilly, à Mugron (vue arrière)
La maison noble de Sanguinet, autrefois le Petit Château à l'emprise de l'ancien pont de bois sur la Midouze. Les armes losangées d'or et de gueules d'Arnaud de Marsan de Cauna sous le porche de l'église paroissiale de Cauna. Le château des d'Antin, Chantilly, à Mugron (vue arrière)

La maison noble de Sanguinet, autrefois le Petit Château à l'emprise de l'ancien pont de bois sur la Midouze. Les armes losangées d'or et de gueules d'Arnaud de Marsan de Cauna sous le porche de l'église paroissiale de Cauna. Le château des d'Antin, Chantilly, à Mugron (vue arrière)

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 17:15

Nous étions présents, en tant que Président de la Fédération, avec Alexandre de La Cerda, Maître ès Jeux Floraux de l'Académie de Toulouse, le Lundi 29 août 2016 dans le Salon d'honneur de la l'Hôtel de Ville de Bayonne devant une très nombreuse assemblée pour la remise des insignes de chevalier de l'Ordre national du Mérite à notre ami Olivier Ribeton, Conservateur en chef du Musée Basque et de la Tradition bayonnaise, par Madame Florence Delay, de l'Académie Française, fille de l'académicien Jean Delay.

Fédération des Académies de Gascogne
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 16:00

Familles transatlantiques en cours d'étude : de Beaumont-Lérin-Navarre (d'Evreux-Navarre, de Cauna, d'Albret-Navarre, de Foix-Béarn-Navarre, de Bourbon) ; de Mesmes de Roissy et Malassise, de Ravignan, de Patience, de Moustrou (Paris, Mont-de-Marsan, Béarn, alliances de Marsan-Bigorre, de Batz, de La Barthe, de Vignoles-Lahire, de Cauna, de Rochechouart-Mortemart, de Durfort de Lorges, de Gelas d'Ambres…) ; de Lévis-Ventadour (Limousin : de La Mothe-Houdancourt, de La Guiche de Saint-Géran, de Thémines-de Lauzières, d'Estrées, de Monluc, de Caupenne, de Cauna) ; de Batz de Castelmore d'Artagnan (Gascogne : ascendances de Montesquiou d'Artagnan, de Rochechouart-Barbazan, de Lévis, de Bazillac et parenté de Cauna) ; d'Assat (Béarn : de Durfort, de Candau, de Cauna, de Saint-Aubin, de Castaing, de Lassale, d'Espalungue, de Noguès) ; Dorro de Bougarber (Béarn : de Cauna de Dorro, de Périsser, du Lys…) ; Cauna de Cassaber, Sarrabaig / Sarrabère, Laffargue de Cassaber (Cassaber, Béarn ; d'Athos de Sillègue, de Béarn-Doumy, du Domec de Saint-Abit, de Ségalas, de Lacomme, de Saint-Cricq, de Candau, de Fresche-Morlanne) ; de Gabaston de Bassillon (Béarn : alliances de Cauna, de Montaut-Bénac-Navailles, de Baudéan, d'Orléans-Rothelin, Martel, de Roncherolles, de Rohan, de Cossé-Brissac) ; de Noailhan (Gascogne : alliances de Cauna, de Barrau, de Béarn, de Montlezun, de Brocas, de Gautié, de Garrisson, d'Izarn…) ; de Gouy d'Arsy (Paris, Gascogne, Bayonne : de Biaudos de Castéja, de Penthièvre, d'Orléans, Lebesgue, Laharrague) ; Lemaire (Saint-Domingue, Jérémie, Jacmel, Dunkerque) ; Touzard (Normandie, Landes, Saint-Domingue : Ducassé, de Nard, Lahary…) ; Fleuriau (La Rochelle / Saint-Domingue, Île Maurice, Louisiane) Colomé, de Colomès, de Vivès (Gascogne, Gers, Saint-Domingue, New-Orleans, voir lettre sur ce blog : Lafargue, de Brondeau d'Uretières, de Morlan Courtade, d'Aiguillon, de Vivant, Maigné de Salllenave) ; Fossecave (Landes, Capbreton, Saint-Domingue, Les Cayes : Gensoux, de La Fresselière, Coutard, O'Shiell) ; Joubert, Tousard, Lallemand, Saint-Martin, Duthil, Geddes (Nantes, Saint-Domingue, Etats-Unis, Philadelphie, Texas) ; Vignave, Méharon, d'Enecoix, d'Arroquain d'Arbide, d'Iritcity (Pays Basque, Garindein, Saint-Domingue, Dondon)  

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 13:37
Le 25 août, le Centre Généalogique des Landes était à Caupenne. Ici, devant le château du XVIIe siècle présenté par le coprésident Jacques de Cauna

Le 25 août, le Centre Généalogique des Landes était à Caupenne. Ici, devant le château du XVIIe siècle présenté par le coprésident Jacques de Cauna

Puis à l'église Saint-Martin présentée par le coprésident Christian Lacrouts après l'Assemblée générale à la Mairie.
Puis à l'église Saint-Martin présentée par le coprésident Christian Lacrouts après l'Assemblée générale à la Mairie.

Puis à l'église Saint-Martin présentée par le coprésident Christian Lacrouts après l'Assemblée générale à la Mairie.

Ensuite, au superbe château de Gaujacq sous la houlette de son propriétaire Philippe Casedevant
Ensuite, au superbe château de Gaujacq sous la houlette de son propriétaire Philippe Casedevant

Ensuite, au superbe château de Gaujacq sous la houlette de son propriétaire Philippe Casedevant

Et après le déjeuner à Baigts de Chalosse, à l'église romane Saint-Laurent de Caupenne et au monastère de Maylis présenté par le frère Marie-Bernard de Montesquieu
Et après le déjeuner à Baigts de Chalosse, à l'église romane Saint-Laurent de Caupenne et au monastère de Maylis présenté par le frère Marie-Bernard de Montesquieu

Et après le déjeuner à Baigts de Chalosse, à l'église romane Saint-Laurent de Caupenne et au monastère de Maylis présenté par le frère Marie-Bernard de Montesquieu

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 09:10

Beau programme pour les Journées du patrimoine

SUD-OUEST LANDES / A LA UNE ESCALANS  /   Publié le 15/09/2016 . par Henri Portes

Samedi, à partir de 10 h 30, au château de Caumale, aura lieu une visite gratuite, guidée et en costumes du château. Le déjeuner à l'ombre de la charmille…

 

Caumale. Retour sur les journées du Patrimoine
Caumale. Retour sur les journées du PatrimoineCaumale. Retour sur les journées du Patrimoine

Samedi, à partir de 10 h 30, au château de Caumale, aura lieu une visite gratuite, guidée et en costumes du château. Le déjeuner à l'ombre de la charmille suivra. Les participants sont invités à apporter leur pique-nique et des rafraîchissements seront proposés.

Dès 14 h 30 débutera la projection du film-conférence sur Cuba, « La Mémoire libérée », qui entraînera l'assistance dans l'histoire coloniale de l'Aquitaine. Les intervenants de cette conférence sont Gislaine Graillet et le professeur Jacques de Cauna. À partir de 16 h 30, auront lieu une conférence et un moment de dégustation avec L'Heure du thé bleu, qui sera animé par le maître ès thé Arnaud Bachelin.

La messe sera célébrée à 18 h 30 en l'église Saint-Jean-Baptiste. Et à 20 heures, débutera le concert de piano (10 euros) avec Stéphanie Humeau, récompensée par le Grand prix du conservatoire supérieur de Genève.

Dimanche, à partir de midi, aura de nouveau lieu le pique-nique sous la charmille. À 14 h 30, 16 heures et 17 h 30, le public découvrira Caumale avec ses habitants et illustres visiteurs, notamment Henri IV, Humboldt, Delisle, ainsi que la boutique Les Greniers de Caumale et le stand de la librairie Corbel d'Eauze.

Caumale. Retour sur les journées du Patrimoine
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 15:12
Vestiges de la caféterie Bois Arada (c) Fonds Jacques de Cauna

Vestiges de la caféterie Bois Arada (c) Fonds Jacques de Cauna

La Nouvelle-Orléans - 30 Janvier 1805

La Nouvelle-Orléans - 30 Janvier 1805

© Fonds Jacques de Cauna. Archives de Saint-Domingue (Haïti)

A Monsieur Martial Vivés, ht de Haget, département des Hautes-Pyrénées, à Vic en Bigorre

de Aden Colomé1 à Maral Vivés2 de Haget, Nouvelle Orléans, le 30e Jer 1805

Mon cher Vivés,

Je ne sais à quoi attribuer votre silence, vous sur qui je comptais le plus pour m'instruire de ma position de fortune et savoir de vous si avec la plus grande économie il serait possible d'avoir du pain à mettre sous sa dent dans mon pays.

Le dernier événement de St-Domingue me contraint à en venir là, ayant resté dans ce pays-là trois mois avec les indigènes, car c'est le nom qu'ils s'étaient donné, et voyant que la place n'était pas tenable puisqu'à cette époque ils pendaient et fusillaient les Blancs, j'ai cherché à m'enfuir mais il m'a été impossible sans le consentement des chefs lesquels exigèrent de moi plus que je ne possédais. Par accommodement je leur ai laissé à peu près tout, à l'exception de mes hardes et celles de ma femme et quelques papiers qui me seront peut-être utiles si l'on rétablit St-Domingue, ce que je me plais à croire. Voilà ma position après avoir bravé les événements les plus périlleux et avoir été assaciné [sic] pendant trois fois différentes depuis le commencement de cette révolution.

J'avais toujours tenu bon, la crainte de devenir à charge aux miens m'avait donné du courage. J'étais cependant seul, et aujourd'hui que j'ai une femme, je suis obligé de prendre le parti que j'avais toujours rejeté… Jugez des regrets dont mon âme est pénétrée.

Je vous ai écrit l'an dernier de Philadelphie par Mr Duranton3, mon camarade d'infortune, homme aussi aimable que respectable. D'après la promesse qu'il m'avait faite de ne pas getter [jeter] les lettres à la mer, j'avais lieu de croire qu'ayant reçu de mes novelles, vous m'auriez répondu. Cependant, je suis toujours dans cette attente… J'espère qu'après la réception de celle-cy j'aurai le plaisir de recevoir de vos chères nouvelles, de même que de celles de mes nièces. C'est cet espoir qui me nourrit. Le capne [capitaine] de navire Kinker m'a promis qu'il remettrait celle-cy à la poste à Bordeaux. Ainsi, si vous voulez me répondre, vous pourrez adresser la lettre à Mr Ducru4 qui, m'a-t-on dit, est négociant à Bordeaux, qui aura la bonté de la lui remettre.

J'ai eu le plaisir de m'entretenir de vous très souvent à Philadelphie l'an dernier avec Mr Duthil5 que vous avez dû voir chez Mde des Lincout [?] à Auch : sa mère est une intime amie de ma femme.

Je vous désire une santé parfaite et veuillez me croire avec une amitié sincère

Mon cher Vivés

votre très humble

et très aff[affectionné] beau frère

Colomé

1 Adrien-Anne-Antoine de Colomé, né en 1762, fils de Jean-Pierre de C., conseiller et avocat du Roi, de Vic-Bigorre (Haute-Pyrénées), et de Jeanne de Pérès, épousée le 26 novembre 1750 à Mirande (Gers).

2 Martial de Vivès, né en 1749 à Haget, décédé en 1817 à 68 ans, Garde du Corps du Roi d'Espagne, fils d'Ambroise de V. et Anne du Faur, épousée le 30 avril 1744 à Miramont d'Astarac (Gers). Il avait épousé le 3 janvier 1784 à Vic-en-Bigorre Marguerite de Colomé, soeur d'Adrien. Le père d'Adrien, Jean-Pierre de Colomé, fils de Jean de Colomé et Catherine de Ramonjean, était lui-même fils de Pierre de C. et de Catherine de Maigné de Sallenave (1660-1731), elle-même fille de Raymond de M. de S., écuyer, seigneur de Sallenave, né en 1723, d'une famille propriétaire à Saint-Domingue, et de Barthélémie de Monda.

3 Sans doute Ferdinand Duranton, second époux à Jérémie de Marie Catherine Buchey, veuve Duverger, réfugiée à Philadelphie en l'an VII, puis à Bordeaux et Paris avec ses trois enfants et sa nièce.

4 Sans dourte Gustave Ducru, famille de négociants en vin dont le nom se retrouve dans les châteaux Branaire-Ducru et Ducru-Beaucaillou.

5 Duthil, nom landais et gascon, répandu à Bordeaux. Il s'agit ici de Jean-Antoine, alias John Dutilh, négociant à Philadelphie, qui était parent par sa femme, une Saint-Martin, du célèbre colonel dominguois de Louis-Anne de Tousard, héros de l'indépendance américaine et fondateur de West Point.

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:07
Tina, sur les traces des ancêtres cubains. Entretien avec Ghislaine Graillet.

Au départ est une belle photo de famille des années 1900 sur laquelle figurent, parmi d'autres personnages, mes grands-parents, mariés à Cuba où mon grand-père était consul à Santiago, dans l'Oriente. Il y avait épousé ma grand-mère, Augustina Rousseau, née Verdereau, descendante de colons français réfugiés de Saint-Domingue, propriétaires d'une grande sucrerie dans la vallée de San Luis. Je l'ai très peu connue et elle parlait peu de ses origines créoles.

Partie sur ses traces à Cuba, j'ai pu y retrouver quelques témoignages émouvants et remonter la lignée familiale de plus d'un siècle, jusqu'au grand précurseur de la présence française dans cette partie de l'île, le Béarnais Prudent de Casamajor, qui avait fui les troubles de la révolution des esclaves en Haïti. Devenu Prudencio Casamayor, il avait fondé à Cuba une grande famille et joué un rôle historique, politique et surtout économique très important, notamment dans l'essor caféier du pays. Bien des mystères subsistent, mais cette plongée dans une histoire qui m'était inconnue m'a au moins permis de mieux comprendre mon père, trop tôt disparu...

Les guerres successives et les cataclysmes conduisent les Français à quitter le pays, tandis que la famille résiste au fil des générations, jusqu’à la révolution castriste en 1959, qui les oblige à s’exiler de nouveau. 
C’est grâce à un témoin vivant, l’homme de confiance du frère de ma grand-mère, dernier propriétaire français des sucrières de la région de Santiago, que la dernière saga familiale est racontée, avec toute l’émotion d'un homme qui a perdu sa “seconde famille” comme il le répète souvent. Ce grand-oncle s’étant suicidé à la suite d'une grave maladie, le témoignage de fidélité de ce Cubain est d’une force sans précédent. Des photos qu’il a gardées précieusement, ainsi que de nombreuses lettres d’archives retrouvées à Cuba étayent ses propos.

Après avoir rencontré l’historien Jacques de Cauna, auteur de nombreux ouvrages sur l’Aquitaine et Haïti, J'ai pu compléter l'enquête en intégrant des documents des archives du Quai d'Orsay et des  images tournées en 2015 dans le Béarn et en particulier à Sauveterre où j’ai pu interviewer Paul de Casamajor, un descendant de la branche familiale qui était restée en France.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 15:56
Le samedi 8 octobre à Bayonne, Maison des Associations, Allée de Glain, 14h, conférence diaporama de Jacques de CAUNA, "Basques et Bayonnais à Saint-Domingue (Haïti)". Des flibustiers aux colons et à leurs descendants haïtiens après l'idépendance dans la première république noire du monde.

Le samedi 8 octobre à Bayonne, Maison des Associations, Allée de Glain, 14h, conférence diaporama de Jacques de CAUNA, "Basques et Bayonnais à Saint-Domingue (Haïti)". Des flibustiers aux colons et à leurs descendants haïtiens après l'idépendance dans la première république noire du monde.

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 15:16
Samedi 17 et Dimanche 18 Septembre. Un beau programme !

Samedi 17 et Dimanche 18 Septembre. Un beau programme !

Marsan et Bourbon. Toujours prêts !

Marsan et Bourbon. Toujours prêts !

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Présentation

  • : Le blog de Jacques de Cauna Chaire d'Haïti à Bordeaux
  • Le blog de Jacques de Cauna Chaire d'Haïti à Bordeaux
  • : Site de la Chaire pluridisciplinaire d'Haïti à Bordeaux créée après le séisme du 12 janvier 2010 dans le cadre des activités du CIRESC (Centre international de recherche sur les esclavages du CNRS à l'EHESS). Histoire et culture d'Haïti et de Gascogne. Développement des liens entre la Caraïbe et l'Aquitaine.
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